histoire de la mine

Extraits de l’ouvrage de Messieurs Hurstel, Deyber, Gardini, Joho et Kittler retraçant « 100 ans de potasse à Ensisheim ».
Nous sommes fiers de vous en offrir un extrait qui vous plongera au plus profond des mines de potasse, à la découverte d’une partie des métiers qui y étaient représentés.

« Toutes les personnes qui descendent au fond de la mine étaient des mineurs ».
Les spécialistes étaient, le plus souvent, formés sur le tas mais il y avait aussi des mineurs diplômés de l’Ecole des Mines de Pulversheim.
Avant la modernisation (mécanisation), il y avait des électriciens et des mécaniciens qualifiés secondés par des aides, mais il faut toutefois préciser que ces derniers connaissaient le travail aussi bien que l’ouvrier diplômé.
Le travail au fond se faisait généralement en équipe de deux, voire plus si le chantier l’exigeait.
Pour que les équipes puissent toujours être recomplétées, la polyvalence était de rigueur. (…)

Le conducteur de la machine d’extraction
On l’appelle aussi le machiniste. C’est l’homme qui, sur ordre du signaleur de la recette du jour, fait monter et descendre les deux cages dans le puits. La recette est l’endroit où la cage s’arrête, au jour ou au fond du puits.

Le mineur d’about
Il a en charge le contrôle et l’entretien de la structure du puits. Il est responsable aussi de la descente et de la remontée du matériel, du changement des cages et du câble d’extraction, du changement des traverses et des poutres de guidage des cages usées ou cassées.

Le signaleur
Avant la modernisation, le signaleur était secondé par un aide. Ils étaient préposés à la recette, deux au jour et deux au fond.
Ils communiquaient entre eux et le machiniste par des signaux sonores.
Le signaleur du jour et le machiniste se parlaient à travers un tube métallique qui faisait office de téléphone.
Le signaleur du fond et son aide chargeaient aussi les wagonnets pleins de sel à envoyer au jour et le signaleur du jour renvoyait les vides vers le fond.
Après la modernisation, les signaleurs étaient seuls et faisaient le culbutage des wagonnets de sel dans les skips.
Le sel était, en effet, remonté au moyen de cages silos ou des skips.

Le mineur de tir ou boutefeu
C’était la seule personne habilitée à faire exploser des munitions au fond de la mine. Pour pouvoir tirer, il lui fallait obligatoirement un permis de tir. Il était secondé par l’aide mineur.

Le haveur de taille
Il desservait une haveuse avec un bras avec lequel il faisait une saignée sur toute la longueur de la taille.
Ceci facilitait la chute du parement après l’explosion.

Les chargeurs en taille
Ce sont les hommes qui chargeaient, à la main, de 25 à 28 tonnes de sel par poste, ce dans une chaleur pouvant atteindre 50 à 55°C.
Les performances des ventilateurs assurant l’aérage des chantiers n’étaient pas des meilleures.
Des ventilateurs plus puissants n’ont été installés que plus tard.

Le préposé au marteau piqueur
Au pied de la taille, il cassait les blocs de sel trop grands pour passer à la sortie de la taille dont l’ouverture d’accès ne faisait, généralement, pas plus d’un mètre sur un mètre; idem pour la sortie.

Le préposé au raclage
Dans les tailles de raclage, deux personnes étaient chargées de vider la taille sur toute sa longueur. Pour cela, elles avaient un grand godet relié par un cable à une poulie de retour et un moteur qui actionnait le système.

Les déplaceurs
Ils avaient en charge le déplacement des blocs moteurs, électriques ou à air comprimé, des couloirs oscillants ainsi que les étançons qui maintenaient le plafond.
Le déplacement se faisait de l’équivalent de l’avancement de la taille (environ 1,2 mètres). D’autres déplaceurs s’occupaient des plies à bois, avec ou sans effondreurs.
Après avoir ouvert les effondreurs, ils récupéraient le bois, remontaient la pile à 1,2 m plus loin.
C’était un travail très dangereux à cause des chutes possibles de plaquettes du toit et à cause du foudroyage.

Le porteur d’eau
L’eau potable, c’est à dire le coco, était préparée au jour et conditionnée dans des fûts de cent litres posés sur un  diable (wagonnet aménagé) « d’r Hund » qui permettait de l’acheminer au plus près des tailles dans la galerie principale.
C’est là que le porteur d’eau, muni de deux seaux, allait chercher le précieux liquide pour les assoifés de la taille. Le porteur d’eau était, le plus souvent, la personne punie par le chef pour une remarque ou un autre motif qui n’avait pas l’heure de plaire à ce dernier.
Cette punition se constatait le mieux sur sa fiche de paie car le puni perdait son salaire à la tâche.
Cela pouvait durer d’un jour à quelques semaines, selon la volonté du chef. « 

Pour découvrir la suite…
Le livre « 1904-2004 : 100 ans de potasse à Ensisheim »
Vous pouvez l’acquérir au Musée de la Régence au prix public de 20 euros.

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